Voilà encore un segment du voyage qui n’est pas épargné par les millenials et l’économie collaborative : le tourisme d’affaire et plus précisément le marché du MICE.
Comme son acronyme l’indique (Meetings, Incentives, Congresses and Events), le marché du MICE désigne l’économie générée par l’organisation des séminaires, congrès, réunions par les entreprises. En France, c’est un marché évalué à 19,5 Milliards d’Euros en 2016*.

Les hôteliers, fortement présents sur ce marché se voit à nouveau bousculés par les startup qui répondent davantage aux besoins, ou plutôt aux envies, des nouveaux touristes d’affaires. Sachant qu’en 2020, les travailleurs compteront parmi leur rang 50% de digital natives ! Un voyageur qui, comme dans le cadre de ses déplacements à titre privé, est en recherche d’expériences à vivre et à partager. Ce nouveau comportement se traduit déjà par le recours à des services alternatifs comme le covoiturage ou la location d’hébergement meublés.

Airbnb a dévoilé clairement ses ambitions de séduire cette cible l’année dernière avec son www.airbnb.fr/business-travel, où sont mis en avant, en autre services, les logements « Business Travel Ready ». Pour faire partie de cette offre, les propriétaires sont encouragés a équiper leurs logements pour le voyageurs d’affaire : fer à repasser, séche-cheveux, shampoing… mais également détecteurs de fumé et de monoxyde de carbone. Ils doivent aussi assurer une entrée autonome dans les lieux : serrure connectée, coffre à clef ou encore concierge sur place 24h/24 !… En somme, les avantages du meublé Airbnb couplé aux services et à l’autonomie de l’hôtel. 

 

Du côté de la salle de réunion, c’est la start up française Bird Office lancée en 2013 qui occupe aujourd’hui le terrain. D’ailleurs souvent présenté comme le « Airbnb des bureaux », Bird Office permet aux entreprises qui disposent d’espaces disponibles de les proposer à la location en salles de réunion. En France 57% des évènements MICE organisés comptent moins de 30 participants*, on comprend alors que l’offre proposée sur le site répond à une forte demande. On y trouve des salles « atypiques », déco design, canapés et fauteuils cosy, table basse et tableau d’écolier remplacent les traditionnelles chaises et tables disposées en « U ». Il faut avouer que cela donne envie d’aller brainstormer !

Le site propose la réservation en ligne en 10 minutes de sa salle et se rémunère via une commission de 20% sur chaque résa. Mais la différence avec Airbnb pour l’hébergement, c’est que sur Bird Office les professionnels du secteur peuvent aussi faire la démarche de mettre leur offre en ligne. Ainsi, les hôtels et les professionnels de la réunion côtoient les lieux de coworking ou les salles atypiques. A première vue on ne voit pas la différence d’ailleurs, puisque la raison sociale n’est pas affichée au moment de la recherche.

Sur le même créneau on peut citer également www.spacebase.com et son site au look encore plus « Airbnb », présent aujourd’hui uniquement dans les grandes villes européennes et à New-York. 


Comme l’évoquait Pierre Eloy dans cet article, l’hôtellerie commence à réagir face au succès des plateformes de réservation d’hébergements chez l’habitant en repensant ses modèles. Les RockyPop Hôtel, Mama Shelter et autre Okko Hôtels en sont les illustrations.

Les groupes hôteliers fortement présents sur le marché MICE devront là aussi réagir et sans attendre, pour reconsidérer leur offre et l’adapter à une clientèle en quête de sens, de souplesse et d’autonomie. 

 

*Concomitance consulting