Allez, cela fait au moins un billet que vous n’avez pas eu droit à Carlos, on commence donc dans la joie et la bonne humeur avec Senor Meteo !

Derrière ce titre et cette introduction un peu potaches, je le concède, se cache un truc vachement plus sérieux, la météosensibilité. Pour certains secteurs, il s’agit d’un impact direct sur leur production (dans l’agriculture par exemple), pour d’autres, on constate des comportements de consommation complètement différents : le prêt-à-porter et ses accessoires notamment. Le blog Previmeteo fait le point sur l’impact dans les différentes filières.

Bien sûr, le tourisme n’échappe pas à cette météosensibilité, et vous avez bien entendu constaté que la consommation de vos voyageurs et locaux varie selon les saisons, et bien entendu selon qu’il pleuve, fasse chaud, froid, vente, …

Vous êtes d’ailleurs de plus en plus nombreux à vous être dotés d’une rubrique spécifique en cas de météo pluvieuse ; une simple recherche sur Google m’a permis d’en découvrir quelques-unes à Toulouse, Montpellier, Lourdes, L’île de Ré ou encore Paris, dans l’ordre d’apparition en première page.

Certains créé des pages éditoriales, d’autres vont qualifier leur base de données en affectant un “tag”, une “étiquette” PLUIE qui permettra de faire remonter ces offres directement dans un listing.

L’Office de Tourisme de Médoc Atlantique, dans le cadre de son projet Internet de Séjour, a défini six conditions météorologiques : 1/ Très chaud : + de 30° 2/ Beau : + de 15° 3/ Froid mais beau : – de 15° et soleil 4/ Pluvieux 5/ Fort vent 6/ Froid et pas beau.

Pour chacune des offres intégrées dans le dispositif, les équipes de l’Office ont attribué une note de pertinence correspondant à chaque situation météorologique : le restaurant avec terrasse sera très pertinent en cas de forte chaleur, celui avec cheminée quand il fait froid, … D’une échelle de 1 à 5, on est finalement revenu de 1 (peu adapté) à 3 (très adapté). Il s’agit d’un boulot qui peut à première vue sembler titanesque avec ces trois entrées, d’autant que cela s’ajoute évidemment à d’autres qualifications de type ciblage clientèle. Mais grâce à cela, branché sur une API météorologique permettant de définir automatiquement la condition du moment parmi les 6 définies, on poussera de façon plus importante les offres jugées très pertinentes, sans qu’aucune intervention ne soit nécessaire.

Et l’on voit bien qu’aujourd’hui, big et smart data s’emparent de ce sujet éminemment important de la météosensibilité. Il y a déjà cinq ans, IBM qui ne parlait pas encore de Watson, évoquait la différences de consommation dans une boulangerie dans cette petite vidéo :

Aujourd’hui, on trouve de plus en plus de services qui vous proposent de faire du marketing automation en fonction de la donnée météo.

Metigate concourrait au Etourisme Startup Contest de Pau l’an passé, mais s’ils avaient séduit le jury, le public avait eu l’air moins réceptif à leur proposition de valeur. Actions marketing (comme des envois de newsletter), gestion des stocks ou encore des ressources humaines et matérielles peuvent être concernées grâce à de l’analyse prédictive et des algorithmes pointus.

On retrouve ce type de propositions chez Climpact Weathernews, des propositions d’audit spécifique par Eni, jusqu’à la simple action marketing proposée par une agence de comm’ à son client, telle Gamned avec CGN.

Et vous, est-ce un sujet que vous avez décidé de travailler ? Changer la “devanture” et le “rayonnage” de votre boutique en ligne comme le fait depuis longtemps la grande distribution, en et hors ligne ? Travailler des photos, des descriptifs différents selon la saison et les comportements de consommation de vos voyageurs et locaux ? Enrichir la qualification météosensibilité de vos offres dans votre SIT ?

 

 

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Ludovic a démarré sa carrière en Auvergne, à l’Agence Régionale de Développement, puis dans un cabinet conseil sur les stratégies TIC des collectivités locales. Il a rejoint en 2002 l’Ardesi Midi-Pyrénées (Agence Régionale pour le Développement de la Société de l’Information) et a plus particulièrement en charge le tourisme et la culture. C'est dans ce cadre qu'il lance les Rencontres Nationales du etourisme institutionnel dont il organisera les six premières éditions à Toulouse. À son compte depuis mai 2011, il est Consultant etourisme & Web social, intervient sur de nombreux séminaires, manifestations et congrès, accompagne des structures sur leur stratégie, en AMO, ou en formation. Il organise les Rencontres Nationales du etourisme institutionnel pour le compte de l'AEC et la Région Aquitaine à Pau, après les avoir initiées à Toulouse. En 2013, il co-fonde avec ses associés et blogueurs Pierre Eloy et François Perroy la société Agitateurs de Destinations Numériques. C’est à partir de ce travail quotidien qu’il se propose d’alimenter ce blog, en livrant ses impressions et commentaires quant au développement des nouvelles technologies au sein des structures publiques de tourisme.