C’est jeudi sur le blog et comme ne le dit pas “l’animateur le plus con de la bande FM” qui ne trahit pas cette auto-proclamation sur le PAF : Jeudi tout est permis ! Même de faire une légère entorse à notre chère thématique du tourisme pour mieux y revenir.

Google a fait une entrée fracassante dans la commercialisation avec la mise en place d’un commissionnement sur les ventes en ligne directement depuis le moteur de recherche, avec un joli bras d’honneur à ses principaux annonceurs AdWords et désormais concurrents qui jouissaient jusqu’ici d’une certaine hégémonie. Si les OTAs ont fait les choux gras des médias, c’est un sérieux coup de savate de Google, est-ce leurs dernières heures de gloire ? Il faut ainsi trouver un nouveau bouc-émissaire pour remplir les colonnes : l’économie collaborative ! Ah et puis aussi impossible d’échapper à son petit frère “ubérisation”. Le buzzword du moment ! Employé à tout-va pour qualifier les changements apportés par le numérique, complètement galvaudé, il est aujourd’hui dénué de sens.

Airbnb applique désormais la taxe de séjour à Paris en reversant 0,83 euros par nuit et par voyageur directement à la collectivité soit une manne de quelques millions d’euros pour la ville qui peut se targuer d’être la première destination sur le site (source Les Échos). Les élus locaux se frottent déjà les mains mais cela ne résout pas pour autant le fond de la problématique et les enjeux sociétaux qui se profilent à courts termes. Une bonne nouvelle, le législateur semble enfin en prendre la mesure avec un rapport de 60 pages de la La commission des finances du Sénat intitulé  “l’Économie Collaborative : proposition pour une fiscalité simple, juste et efficace.”. Amis de la poésie fiscale en panne de paracétamol, je vous invite à la fiche de synthèse de Marc-Arthur Gauthey.

La construction de mon article est un peu en vrac, à l’image finalement des nouvelles qui nous arrivent quotidiennement sur le monde du collaboratif, les enjeux, les risques, les menaces ou les opportunités. Il faut bien avouer que ce n’est ni l’un ni l’autre complètement mais peut être un peu tout à la fois, tout dépend où l’on place le curseur ? Un modèle en construction qui interroge.

Hier soir, j’ouvre ma boîte mail à spams, l’adresse e-mail que je laisse savamment aux sites commerciaux qui ne me demandent pas toujours mon accord pour recevoir leurs promotions et qui doivent pleurer sur leurs taux d’ouverture, c’est de bonne guerre. En pleine sélection multiple et frénétique des différents messages commerciaux direction corbeille, je suis finalement attiré par l’un d’entre eux, une opération commerciale lancée par Toyoya : “Bienvenue dans mon hybride”.  À point nommé, la veille du COP21 et l’avant-veille du badbuzz incroyable de Volkswagen, l’arbre derrière la forêt. C’est la firme nippone pas si mal installée en France qui profite de la situation alors que les constructeurs français fervents supporters du gazole restent étonnamment plus discrets, tiens tiens, l’aube d’un prochain scandale ? C’est une autre histoire. Alors en quoi consiste cette opération ?

Le principe invite à “vivre une nouvelle expérience” dixit la réclame, en s’inscrivant sur une plate-forme dédiée pour être contacté par des “conducteurs désireux de goûter à l’expérience Hybride Toyota”. Comme on reste dans le collaboratif, en échange le prêteur bénéficie de 20% de remise sur les accessoires de la marque et enregistre sa participation à un jeu concours. Un incentive franchement modeste mais qui finalement ne devrait pas être l’attraction principale des propriétaires au bénéfice du véritable intérêt à partager son expérience de conduite.

MyToyota

La page d’atterrisage est bien construite, la navigation sur la carte simple et efficace pour rentrer en contact avec un propriétaire près de chez soi. Grosse déception tout de même, à ce jour, ce sont essentiellement des concessionnaires qui sont répertoriés… Bon à décharge la peinture de la carrosserie est fraîche, il faut laisser peut être un peu de temps pour le séchage. Voilà une opération finalement simple, peu coûteuse et qui renforce d’autant plus l’appartenance à la marque. Une bonne idée à l’instar dans un autre registre de la carte touristique collaborative présentée par l’ami Pierre.

Preuve que l’innovation n’est pas seulement technologique, c’est parfois juste une simple et bonne idée. Même si Airbnb, Uber et consorts se fait d’abord connaître pour le succès mérité de leurs applications respectives. Ah la belle mascarade du collaboratif, ni plus ni moins que des plate-formes commerciales au marketing léché qui enrichissent leurs actionnaires sur le dos de leurs utilisateurs et signent les contrats en dehors du territoire pour optimiser leur fiscalité, dit autrement pour ne pas payer les impôts en France sur une activité pourtant bien rémunératrice sur le sol français. Un rouage bien huilé qui continuera à fonctionner tant que chacun y trouvera son intérêt : le rapport qualité prix pour le voyageur, une activité rémunératrice pour les propriétaires et une rente inestimable pour les intermédiaires. Ce modèle sera-t-il viable à longs termes ? Rien n’est moins sûr. Pendant ce temps là, d’autres s’interrogent sainement sur leurs décisions stratégiques prises peut être trop rapidement parce qu’eux mêmes emportés par le système et la loi dictée par les plus forts du secteur. C’est le cas de Bedycasa, le français de l’hébergement collaboratif, sa fondatrice Magali Boisseau s’est fendu d’un message d’excuse auprès de ses membres tout en revenant sur un modèle économique plus vertueux pour le voyageur.

C’est presque rassurant de voir que rien n’est acquis même pour les plus forts, on voit poindre discrètement ici et là, différentes initiatives où le sens du partage semble prendre toute sa valeur tout en étant moins monétisé. Comme les signes avant-coureurs d’une 3ème révolution industrielle défendue par Jeremy Rifkin.

Je ne serai pas étonné si vous partagiez dans les commentaires d’autres initiatives collaboratives et inspirantes, dans le tourisme ou ailleurs ?