Je vous l’accorde : je me répète beaucoup lorsqu’il s’agit de déploiement du wifi : je suis hyper militant, et j’ai déjà commis plusieurs articles sur le thème  “développons l’accès wifi gratuit partout” comme ici : http://www.etourisme.info/comment-offrir-le-wifi-gratuit-a-ses-clients ou là : http://www.etourisme.info/dis-moi-wifi.

Mais un récent voyage m’a totalement conforté dans cette absolue nécessité de se doter de meilleurs infrastructures en mobilité : je suis allé au Chili, pays qui n’est pas a priori réputé comme temple des TIC. Et pourtant! dans ce pays long de plus de 4000 km, on trouve du wifi gratuit partout, tout au moins là où arrive une connexion internet filaire, satellite ou 3G.

Que ce soit dans les hôtels ou auberges, mais aussi dans les restaurants, cafés, magasins, administrations, le wifi est accessible et gratuit. La connexion est en général sécurisée, mais il suffit de demander à la caisse “por favor, la clave del ouaifai”, pour que s’ouvre le sésame précieux… Le wifi est devenu un argument commercial et il ny a pas un café de centre ville ou un hébergement qui n’envisagerait de le proposer à sa clientèle. Pour illustrer ce déploiement général, je peux témoigner avoir profité d’un wifi gratuit dans un bus, et même dans un ferry reliant l’île de Chiloé au continent (photo ci-dessous!)

2012-01-19_0732

 

Conséquence de cet frénésie wifi au pays de Pablo Neruda : les usages numériques en mobilité se sont énormément developpées. Par exemple,  le réseau social de géolocalisationFoursquare explose, et même si les entreprises n’y proposent pas d’offres spécifiques, foursquare devient un site d’avis trés fréquenté.
La vie est facilitée pour les voyageurs au long cours. IL est de plus en plus fréquent de voir sortir une tablette d’un sac à dos de routard. Et oui, même le backpaper a adopté l’iPad! les familles européennes voyageant au long cours en Amérique du Sud sont enchantées : depuis le camion, sur la place d’un village chilien, les enfants euvent parler à Mamie par skype. Sympa lorsque ‘on est parti pour un an.

Enfin, dans nombre de lieux du sud du pays, , paradis des amoureux des grands espaces, là où les routes ne sont pas encore goudronnées, le wifi est déjà là : dès qu’un opérateur installe un pylone 3G, un boitier wifi équipe l’épicierie du village et il est ouvert à tout le monde. Le désenclavement numérique précède le désenclavement routier!

 

Oui, me direz-vous, tout ça c’est au Chili, mais chez nous?

Tout `d’abord, il faudrait que l’on se calme avec la règlementation= Même si elle existe et qu’il faut la respecter, elle peut être limitée en terme de contraintes (il n’est pas nécessaire de relever l’identité des connectés) comme l’expliquait Paul Fabing, autre militant du wifi gratuit dans cet article.

Deuxièmement, que l’on comprenne que l’accessibilité à l’Internet mobile est un élément fondamental de l’aménagement touristique du territoire, au même titre que le réseau routier ou les équipements de loisirs. Certes, la majorité des conseils généraux se sont dotés d’ambitieux programmes d’accès au haut débit, notamment par l’ADSL. Mais rien de tel n’existe pour la mobilité. De nombreuses zones notamment en milieu rural ou en monagne sont dépourvues de couverture 3G. Un pylône émetteur 3G coûte de 50 à 200 000 euros, selon un récent rapport du Sénat (http://www.senat.fr/rap/r10-348/r10-3487.html). Même si on prend la fourchette basse de 50 000 euros, avec la même somme, on peut acquérir 500 boitiers wifi à installer chez les commerçants et services de la zone. C’est une alternative à la 3G lorsque les opérateurs ne sont pas pressés d’équiper la zone. Et de plus, pour les visiteurs étrangers, le wifi permet d’économiser les coûts énormes de roaming. Enfin, le modèle économique peut prévoir la participation des acteurs privés, qui sont intéressés de disposer d’un boitier wifi car c’est un arguement commercial de poids!

A quand donc, une région, un département ou un pays qui lance un schéma d’équipement wifi de son territoire, à grande ampleur, avec quelques aides publiques permettant de lancer le mouvement? Je suis persuadé que le premier territoire qui s’affichera “ici destination wifi gratuit” gagnera en image positive auprès de nombreuses clientèles. 

C’était mon plaidoyer pour un wifi libre et gratuit sur tout le territoire…

PARTAGER
Article précédentEt si tourisme.fr devenait un site référence ?
Prochain articleTripline : de bons trips en ligne
Jean Luc Boulin est directeur de la Mission des Offices de Tourisme Nouvelle-Aquitaine (MONA). Cette structure, unique en France, regroupe les Pays Touristiques et les Offices de Tourisme de Nouvelle-Aquitaine. Elle est soutenue par le Conseil Régional. Deux missions principales lui sont confiées : la structuration touristique des territoires et la professionnalisation. Dans ce cadre là, la MONA assure une veille permanente sur le etourisme et accompagne des expériences dans son réseau. Directeur de l’office de tourisme de l’Entre-deux-Mers (Gironde) et du pays d’accueil touristique du même nom pendant plus de dix ans, Jean Luc Boulin dirige la MONA depuis sa création en 2003. Le manque de source d’information au même endroit sur le etourisme institutionnel et le besoin d‘échanger sur cette formidable mutation du métier des offices de tourisme vers l’Internet ont donné l’idée à Jean Luc Boulin de créer ce blog “etourisme.info”, qui se veut être le creuset de l’etourisme institutionnel sous toutes ses formes. Jean-Luc Boulin est également enseignant en Master Tourisme AGEST (aménagement et gestion des sites et territoires touristiques) à l'université de Bordeaux Montaigne. Le site Internet de la MONA. |Email : jlboulin at etourisme.info (cette adresse apparait en toute lettres pour éviter les robots). |Twitter : @JeanLucBoulin