L’expérience touristique est-elle plus complexe que le Go ?

lee-sedol-alphago-jeu-de-go_5561253La victoire du programme Alphago sur le champion du monde de Go Lee Sedol est stupéfiante ! C’est la victoire de la machine dans le jeu réputé le plus complexe, après avoir déjà remporté la victoire dans bien d’autres jeux… 
Cet article du Huffington Post nous apprend qu’on peut facilement comparer les performances en se référant au nombre de combinaisons possibles dans les différents jeux. La progression depuis les années 90 est assez incroyable :

  • en 1995, le programme Chinook battait de justesse le champion du monde de dames : 1021 combinaisons possibles (1 suivi de 21 « 0 » !)
  • en 1997, Deep Blue battait Garry Kasparov aux Échecs : 1046 combinaisons possibles
  • en 2011, le superordinateur Watson d’IBM a battu les 2 plus grands champions du jeu de culture générale Jeopardy
  • en 2016, AlphaGo bat le Lee Sedol au jeu de Go : 10172 combinaisons possibles

10172 !!! Ce chiffre est tout simplement astronomique, à peine concevable en fait… Vertigineux !

Et si le tourisme était un jeu ? Au fond, d’un côté nos super Systèmes d’Information Touristique recèlent des objets touristiques aux multiples caractéristiques, et de l’autre la demande peut s’exprimer par une combinatoire plus ou moins complexe de critères. Trouver les objets correspondant au mieux à la demande décrit sans doute la logique de base de la réponse client. Et déterminer la meilleure combinaison possible s’apparente bien aux programmes développés pour ces jeux, pour peu qu’on enseigne à l’ordinateur les bonnes règles. Pour s’en convaincre, rappelons que c’est par exemple le principe fonctionnel de l’application jaienvie.de dont on a souvent parlé dans ce blog.

La machine sort-elle vainqueur contre le sémillant conseiller en séjour ? Sans doute pas… quoi que, parfois… 😉

Mais l’expérience touristique est-elle plus complexe que le Go ?
Il y a d’abord la question du nombre de combinaisons. C’est une question mathématique que mon cerveau fainéant refuse d’aborder, ou plutôt, pour être franc, est persuadé d’être incapable de résoudre…
Ensuite il faut évidemment envisager la dimension émotionnelle qui est loin de respecter les logiques binaires. 
Alors pour nous rassurer, affirmons que le jeu de Go est au tourisme ce qu’une notice d’utilisation d’un radio-réveil coréen est à la littérature : une représentation un peu frustre mais très prise de tête quand même.

Mais on sait déjà qu’un programme peut déceler des émotions par l’analyse des gestes, des paroles et des réactions. Apparaissent aussi de nombreux robots-humanoïdes de plus en plus sympathiques et rassurants. Et on attend prochainement l’avènement des ordinateurs quantiques qui devraient calculer un milliard de fois plus vite !
Dès lors il est « raisonnable » de penser que des machines-robots pourront bientôt à la fois disposer de la connaissance encyclopédique la plus large, analyser les demandes les plus complexes et y répondre au mieux tout en faisant preuve d’empathie. Les meilleurs experts de destination seront alors sans doute des machines savantes, sensibles, et pourquoi pas agréables à l’œil, l’ouïe, l’odorat, le toucher… 

Alors même si cette très succincte démonstration reste caricaturale, même si cette évolution radicale n’est pas pour demain matin, nous ne pourrons pas être surpris. Le risque de « kodakisation » (« la peur de brûler son bateau » comme le dit Manuel Diaz) de l’office de tourisme est réel s’il s’arc-boute sur son modèle hérité du XXè siècle. Qu’on se le dise tout de go !

 

 

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Paul FABING est directeur du pôle qualité de l'accueil à l'Agence d'Attractivité de l'Alsace (AAA). Architecte de formation, ancien consultant tourisme, chef du service Tourisme de la Région Alsace et directeur de RésOT-Alsace (Réseau des offices de tourisme), il occupe cette fonction depuis 2015. Entre autres missions, l'AAA est propriétaire, gestionnaire et animateur du système d’information touristique alsacien qui consolide l’ensemble des informations recensées par les OTSI et de nombreuses structures partenaires. Plus de 220 sites touristiques institutionnels et publics alsaciens (la totalité en fait), beaucoup de sites nationaux publics et privés, la plupart des éditions papier, les actions de promotion et les outils mobiles s’appuient sur cette base de données pour offrir aux touristes des services fondés sur la même information. Ainsi les OTSI, coordonnés par l'AAA, se sont placés au cœur de la problématique touristique alsacienne et occupent une place prépondérante dans le développement de l’etourisme. Promis, il s’efforcera de ne pas rédiger en Alsacien, et apportera sans doute un petit vent d’est rafraîchissant dans ce blog (les Alsaciens ne sont pas aussi sérieux qu’il n’y paraît…). L’extranet du RésOT-Alsace Alsace. Email : pfabing at etourisme.info (cette adresse apparait en toute lettres pour éviter les robots).