J’espère que vous avez passé un bel été et que certains d’entre vous ont eu la chance de partir en vacances. Pour ma part, j’ai fui le ciel trop bleu du sud ouest 🙂 pour les nuages irlandais. J’ai embarqué mes deux marmots dans nos valises pour tester l’échange de maison pour la première fois.

Entre deux “C.H.E.V.A.U.X… !  un cheval… des chevaux ! ” ou “Dîtes !!!… Vous dîtes… pas disez” ou un dernier “Faîtes !!! pas faisez”, j’ai eu la chance de voir ces deux bonhommes nous donner des leçons d’écologie et de respect de l’environnement. Et le tout, en s’amusant ! 

OK, il va falloir ramer pour trouver un lien intense avec le “digital” dans cette expérience, mais j’aimerais vous partager ces convictions quand même. 

Connaissez-vous Martin Dorey ou l’initiative #2minutebeachclean ? Il y a de grandes chances que la réponse soit “non”. Au delà de ce logo que j’adore pour son pouvoir d’attraction, ses couleurs et sa typo 🙂 , laissez-moi vous parler de mes vacances au pays des gens roux et responsabilisés.

Martin Dorey (profil Instagram ici) , écrivain anglais, surfeur et rédacteur de guides sur les voyages en Van (ça va parler à beaucoup de monde ça), a fondé l’association #2minutebeachclean pour motiver le maximum d’anglais et d’irlandais à la base, à prendre quelques minutes pour nettoyer leurs plages. Martin l’explique mieux que moi dans cette vidéo : 

 

Nous avons découvert l’initiative un jour de belle tempête sur une plage de la côte ouest irlandaise. A côté de la cabane bien isolée du froid et de la pluie des deux maîtres nageurs sauveteurs se dressa un “beach clean board”, comme ceux que vous voyez ci-dessous. Des visuels qui attirent l’oeil des petits en deux secondes, des explications illustrées qui permettent à des marmots de 6 et 9 ans de comprendre en quelques secondes qu’ils vont s’éclater sur cette plage en prenant un sac poubelle (à droite du board) et une pince à déchets qui remplacera pour les 2h à venir tous les jouets de plage. 

 

Ce sont les maîtres nageurs sauveteurs qui sont les “Gardiens” de ce matériel. Ils le mettent à disposition sur leurs heures de surveillance… voire un peu plus. Oui, ca me permet à ce moment de l’histoire de mettre en avant le relationnel de ces Irlandais (et je ne dis pas ça parce que la moitié d’entre eux sont roux).

Mes deux marmots sont revenus au bout de deux heures avec un sac plein. Ils commençaient à être frustrés car ils ne trouvaient plus de déchets… ouais, ça marche pour de vrai quand tout le monde s’y met. C’est là qu’un élément très important du projet entre en jeu. L’humain, celui dont je vous parle si souvent.

Il ne s’agit pas seulement de mettre des supports, des pinces et des sacs à disposition. Nous sommes revenus au poste de surveillance de la plage à 19:20… les deux jeunes sauveteurs terminaient leur journée à 19:00. Nous n’avions pas compris que le matériel était rangé chaque soir par ces deux jeunes.

En arrivant, nous nous sommes excusés de les avoir faits attendre. Leur réponse fut un grand sourire et un discours de remerciement aux deux marmots de les avoir aidés à garder leur espace de travail “clean”. Et enfin, ils les ont invités à partager leur trésor sur Instagram pour que leurs potes se sentent concernés. Bref, on a adoré cette conviction plus forte que les heures supp. qu’ils ne récupéreront pas pour nous avoir attendus. 

Un petit tour sur le compte Instagram de l’association vous donnera une idée de la dynamique enclenchée par Martin et ses pinces à déchets : 

 

Cette démarche est “simple”, elle est dans l’air du temps. Ne plus être un touriste, passif, consommateur uniquement mais un voyageur impliqué, même en culotte courte. Le “live like a local” a vécu, on ne parle pas de cela ici. C’est plus “Contribute as a sustainable and responsible traveler”.

#2minutebeachclean est loin d’être la seule initiative de ce type, mais son approche “touristique” en ludifiant la démarche me donne vraiment le sentiment que le développement touristique en 2020 (et tant qu’à faire, autant commencer avant) pourrait passer par ce type de projets. J’avoue que ca ne ressemble pas à une usine à gaz, à une centrale de truc ou une place de marché de machin, ce sont juste des pinces, des poches plastiques, un tableau illustré… et surtout des gens convaincus sur le terrain. 

Et en France, ça vous dit d’oser ? 

Vous pourrez le voir sur la carte d’Europe de @2minutebeachclean, il n’y a aucun board en France 🙂 … ça vous dirait de contacter Martin ? ou d’imaginer votre façon d’associer développement touristique, respect de l’environnement et démarche citoyenne ? Foncez ! Osez ! et pas seulement sur les plages. 

Ces initiatives pourraient marcher dans tellement d’endroits en France. En “digitalisant” la communication positive de ces volontaires, vous donnez une image fraîche et collaborative de votre destination. Impliquez les locaux, motivez les écoles à vous accompagner, le club de rando… on parle d’attractivité locale, on la conceptualise si souvent, mais elle peut se faire aussi par des actions simples et concrètes de ce type.

 
 
 
 
 
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Ce ne sont pas mes marmots au dessus, mais ils avaient le même sourire 🙂
Au final, vous savez de quoi ils parlent quand leurs grands parents leur demandent ce qu’ils ont fait en Irlande ? Ce ne sont pas les fish and chips quotidiens, le buggy de la maison de nos Irlandais, les randos sublimes ou les glaces géantes dont ils parlent… C’est leur aventure de chasseurs de trésors à recycler qui est en haut de la liste. C’est tout, juste un souvenir de vacances que je vous partage 🙂 

 

Juste un dernier mot… 

Vous l’avez vu avec ce billet, ma veille “numérique” a légèrement dévié depuis une paire d’années, m’intéressant d’avantage aux aventures humaines, à la valorisation des pépites locales, en interne dans une équipe ou sur une destination dans une logique d’attractivité locale qui va au delà du tourisme. Je suis convaincu que nous sommes à de superbes virages dans nos métiers touristiques.

Après vous avoir partagé, aux côtés de mes ami(e)s de etourisme.info, en long (voire très longs billets) et en large cette passion des “gens” qui font le tourisme, je vais marquer une pause dans ce blog. Il ne s’agit pas d’un billet d’adieu 🙂 . Il est plutôt question de pause à durée indéterminée pour prendre le temps, celui dont je vous ai souvent parlé aussi, de régénérer des idées créatives et originales pour revenir les partager avec vous l’an prochain ou dans 20 ans 🙂

Je connais quelqu’un qui a pour habitude de dire “Dépêchons nous de prendre notre temps” 🙂 . Je lui rétorque souvent qu’en osant un projet hors du cadre, “au pire, ça peut marcher”… Alors je vais mettre en pratique ces convictions

Et pour finir, je suis ravi pour nous tous de voir arriver dans la rédaction du blog, celle que je nomme souvent “ma pote de cerveau”, Sophie Moreau. Côté convictions et veille rafraîchissante, on sera servis 🙂

 

Et demain, vous faîtes quoi ?

Pour revenir à ce billet sur #2minutebeachclean et conclure sur des idées pour demain, je crois comme plusieurs dans ce blog en des projets solidaires, éthiques, responsables, en ce travail collaboratif, en la confiance et l’attention à porter à nos pépites internes, à la responsabilité de chacun de donner un bout de lui si on crée le contexte pour cela. 

#2minutebeachclean fait partie du réseau 1% for the Planet. Nous avons déjà évoqué ici des actions liées au “1%”. 

Ludovic vous parlait dans ce billet de Pledge 1%, initiative américaine créée par le patron de Salesforce qui invite chaque entreprise à dédier 1% de son temps ou/et de son bénéfice, de son équipe à des actions solidaires. 

Ces initiatives sont anglo-saxonnes et liées souvent à des startups valorisées à plusieurs millions voire milliards de dollars. Là où j’espère vous interpeller et vous donner envie d’imaginer avec vos équipes ce qui pourrait être fait ensemble avec 1% de votre temps, de votre budget, de vos ressources sur votre territoire, c’est que cela existe aussi en France avec des entreprises qui osent beaucoup plus que 1%. 

Lilo est une start-up qui a reversé plus d’un million d’euros à des projets sociaux et environnementaux. 

 

L’objectif de ce billet de conclusion d’un cycle de veille pour ma part n’est pas de donner de leçon mais bien au contraire de prendre conscience de la chance que nous avons de pouvoir faire évoluer certains projets touristiques et de remobiliser des collaborateurs.

Dans ce blog, nous vous parlons de passeport du Citoyen Voyageur du Monde… Si vous n’avez pas encore lu l’article de Francois, prenez quelques minutes. On pourra également échanger sur l’idée géniale, utopiste mais visionnaire (pour ma part) d’une Fondation du tourisme local à lire dans le billet de Ludovic. De nombreuses initiatives locales poussent partout, on a la chance d’être bien placés dans ce blog pour les découvrir.

Au plaisir de vous rencontrer dans nos balades francophones et bon courage à mes amies et amis rédacteurs de ce blog qui prennent de leur temps pour fouiller, rédiger, illustrer et partager leurs idées depuis un petit moment maintenant. Et mention spéciale pour celui qui garde en permanence cette équipe de joyeux lurons mobilisés, Jean Luc 🙂 

 

On a la chance de faire un des plus beaux métiers du monde ! … se le rappeler tous les matins. 

A bientôt les amis et comme dit le philosophe de Thalassa, Georges Pernoud  😉 

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Pierre Eloy est le fondateur de Touristic et le co-fondateur d'Agitateurs de Destinations Numériques, entreprises bordelaises dédiées aux solutions numériques pour les professionnels du tourisme. Les interventions de Pierre, son cœur lorrain et sa vie dans le Sud Ouest en font un personnage incontournable du tourisme digital et relationnel ! Ne vous étonnez pas si un jour vous le croisez dans une boulangerie californienne, il a promis qu'un jour il serait boulanger !