Les auberges de jeunesse se réinventent et deviennent des hostels, selon l’appellation anglaise pour ce mode d’hébergement ancien et convivial. Elles assurent de plus en plus des fonctions d’offices de tourisme en incitant à découvrir la vie locale.

Alors que la France perd des hôtels et des campings, on assiste à une rénovation du concept des auberges de jeunesse. Le réseau comprend ses propres plateformes commerciales comme Hostelworld ou Hostels.com.

Il est dynamique avec des créations importantes comme celles agrégées au sein de GeneratorHostels. Les chambres sont individuelles ou collectives (dortoirs féminins notamment), ressemblent à un magasin IKEA. Les codes éditoriaux des sites de ces nouveaux hébergements indiquent clairement une culture urbaine, en mode partage, avec ouverture et conseils pour vivre comme un local et pour rencontrer des artistes local via le magazine Parallel. Les ambiances Mama Shelter ou Joe and Joe se retrouvent dans toutes ces réalisations, comme celle du Generator de Paris, Place du Colonel Fabien. Les modalités de transport sont toujours bien affichées, notamment via les transports en commun. 

Des recettes communes

Le positionnement marketing s’appuie sur des ingrédients désormais bien connus :

  • pour la cible : jeunes urbains désirant des rencontres locales et à budgets tenus
  • pour les services : rooftop, espaces détente, bar, salles d’événements, consignes à bagages, wifi, réception 24/24, dortoirs féminins
  • pour le confort : simple et de bon goût scandinave
  • pour le marketing : plateformes commerciales, réseaux sociaux (surtout Facebook et Instagram)

A côté de ces créations puissantes et métropolitaines, j’ai repéré une jeune entrepreneuse pleine d’idées et d’enthousiasme. Emilie God a lourdement investi et créé EddHostel à Dol de Bretagne, “1er hostel pour explorateurs en Bretagne” comme l’indique la promesse du site. 

Emilie a 32 ans, elle a effectué de nombreux voyages pendant ses études, puis a travaillé à l’étranger. Ingénieur logistique à Paris, elle a démissionné au bout de deux ans pour faire un tour du monde de 15 mois en visitant les pays dont des femmes étaient chefs de gouvernement. Enrichie de cette expérience, elle revendique “avoir la culture des clients qu’elle reçoit”.

Des recommandations locales

Elle a embauché une japonaise et on découvre des contenus en français, anglais et japonais sur son site et sur Instagram. Mais les provenances de clients sont bien plus ouvertes que ce qu’elle imaginait (le site n’est ouvert que depuis deux mois).

Les tarifs sont attractifs (à partir de 25 euros en dortoir et 50 euros en chambre double) pour les explorateurs qui veulent découvrir le Mont Saint Michel mais aussi la Bretagne, car c’est le pari d’Emilie : valoriser le patrimoine régional, la culture locale. Et pour cela, elle propose des contenus qu’elle produit elle-même sur l’environnement touristique et culturel, en mode office de tourisme narratif intégré à l’hostel. Elle publie des articles, crée des balades, travaille avec l’Office de Tourisme de Dol de Bretagne. Des fiches de découverte sont disponibles à l’accueil, mais les explorateurs sont autonomes dans leurs balades : pas d’accompagnement.

Son site, fait maison en wordpress, est très bien senti. Je trouve que la segmentation des services en 3 avatars est sympa :

  • Mr Explore : c’est le partenaire touristique
  • Mrs Dream : c’est la concierge, elle connaît tout du site
  • Mr Discover : c’est le logisticien des déplacements

D’ailleurs, les conditions de venue sont particulièrement bien signifiées et matérialisent le fait des nouvelles générations moins accaparées par l’auto que les précédentes.