Le 23 décembre dernier, la vague géante Belharra, s’annonçait au large de la côte basque. Immédiatement, les collègues des offices de tourisme et pays touristique Terre et Côte Basques décidaient de réaliser une vidéo de la vague, pour essayer de faire le maximum de buzz sur les réseaux sociaux. Une manière de mettre en pratique la formation Reporter de Territoire inventée en Aquitaine.  

Buzz assuré, succès garanti : en quelques jours, la vidéo tournée par Yoni et Benat, ANT et reporters franchir le cap des 400 000 visionnages!

J’ai demandé à Beñat Ayçaguer ANT et reporter au Pays Touristique Terre et Côte Basques, de nous parler de cette expérience. Et comme c’est un reporter de territoire, il nous l’a fait en storytelling….

Merci Beñat!

logo

 

 

 

BELHARRA

Jeudi 19 décembre : L’annonce

21h : l’info tombe : toutes les conditions météo sont réunies pour que la Belharra se montre ce dimanche. Elle est même annoncée comme la plus belle déferlante de ces 10 dernières années.
Yoni de l’office de tourisme d’Urrugne me transmet l’information immédiatement ! En plein au milieu d’un RTT et d’un week-end en Soule. Nous venons, de surcroît, de déménager et sommes en pleine installation à l’Agglomération Sud Pays Basque et je n’ai pas les clés de nos bureaux pour réaliser le montage…  Mais l’occasion est trop belle ! La précédente Belharra et la vidéo que Yoni en avait fait a eu du succès comptabilisant, à ce jour, 110 000 vues. En publiant la vidéo avant les professionnels ou les spécialistes surf, le buzz devrait fonctionner et l’opportunité de communication sur le territoire est trop belle.

 

Vendredi 20 décembre : On y va ou pas ?  !

Petit tour des forces en présence pour essayer d’organiser la journée. Je contacte Yoni pour savoir si, sous réserve que nous trouvions un bateau, il est d’accord pour tourner des images avec son matériel personnel. Sans hésitation et avec un enthousiasme non dissimulé, j’entends un OUIIIIII tonitruant ! Ok, voilà donc une seconde caméra pour filmer au plus près. Je réaliserais des images depuis la corniche, au trépied et commencerais le montage pour essayer de gagner du temps.

L’information que nous préparons une sortie en bateau circule rapidement (et oui, nous sommes un petit territoire !) et nous sommes évidemment sollicités pour accueillir à bord de nombreux intéressés. Nous décidons d’embarquer avec nous Stéphane Salerno (Salerno Photo) qui réalise déjà un superbe travail sur la destination et auquel, nous proposons un partenariat.

J’obtiens un accord de principe de Laurence (ma directrice) dans la journée ; sous réserve d’une prise de risque minimale, du coût de l’opération et de l’aval de la Présidente.

C’est la ruée vers les bateaux ! Gregory d’Hendaye Tourisme m’aide à trouver le nôtre. Ce sera un zodiac avec un moteur bien musclé : un partenaire du territoire, Memphis Jet !

Validation du devis par Laurence, vendredi en fin de journée !  Terre & Côte Basques  sera bien présent à Belharra avec l’objectif de publier la vidéo dans la journée de dimanche, les premiers, avant les professionnels, avec l’inclusion en introduction et en conclusion du logo de Terre & Côte Basques.

 

Samedi 21 décembre : Derniers préparatifs

Les derniers préparatifs se mettent en place : contact avec le capitaine du bateau pour fixer l’heure de départ, appel des autres participants pour planifier la sortie de demain & trouver du matériel pour réaliser le montage.
Dernières recommandations de Laurence à Yoni : « Faites attention, soyez prudents, ne prenez pas de risques inconsidérés avec le bateau ! »

Nous sommes surexcités à l’idée de réaliser cette expérience le lendemain, d’être au plus prêts de l’événement, enfin surtout Yoni qui sera à bord du bateau! Un cadeau de noël avant l’heure pour lui ! Finalement, notre seule crainte est que la vague ne soit pas au rendez-vous !

 Vague Belharra

 

 Dimanche 22 décembre: The Big Day!

5h30 : réveillé avant que le réveil ne sonne. Une pointe d’excitation. Copieux petit déjeuner & c’est parti pour 75 minutes de route. 12°C à 7h du matin sur la côte basque un 22 décembre, la journée va être douce !

8h : je vais faire un tour sur la corniche et commence à filmer quelques plans dont celui qui servira d’introduction à la vidéo.

8h30 : Validation de la sortie par le capitaine… c’est parti ! Yoni veille à faire circuler l’information aux intéressés. Le rendez-vous est fixé à 9h30 au port de plaisance d’Hendaye.

 9h30 : port de plaisance d’Hendaye, grand soleil, tout le monde est là et Yoni découvre son bateau : un petit zodiac !  Il avouera avoir été étonné par la taille du bateau  mais bon fait confiance et toute l’équipe embarque. Tous ont leur matériel photo et vidéo pour immortaliser cette matinée.

9h40 : Le bateau est déjà sur place. Finalement, le zodiac, c’est vraiment top. Il va vite, il est maniable et permet donc des déplacements rapides.
A peine arrivés, la Belharra est face à notre équipage et là, Yoni en prend plein les yeux : « Quand je la voyais du bord de la Corniche je ne pouvais absolument pas me rendre compte de la force, de la hauteur et de la puissance de la vague… C’est absolument magique ! »  dira-t-il, quelques heures après.
Yoni sort son matériel et c’est parti pour filmer et photographier la vague et les surfeurs sous tous les angles.

 bateau Belharra

De mon côté, je vais occuper une partie de la matinée entre la corniche, le sémaphore, le fort et le port de Socoa d’où partent les scooteurs des surfeurs et des initiés. La vague se lève par sessions et j’ai le temps de me déplacer entre 2. Beaucoup de monde sur la corniche pour assister au spectacle. Le temps se rafraichit dans la matinée. Yoni poste des photos depuis le bateau, ça doit être énorme !

11h : je rentre et je commence le montage. Faut pas trainer, Yoni passera me déposer ses images bientôt.

12h30 : Yoni me rejoint pour me donner toutes les images et me laisse travailler sur le montage.

4h de travail incessant avec deux objectifs : Essayer de réaliser une vidéo sympa, avec du « punch » et publier les 1ers, satané objectif qui m’a maintenu sous pression toute l’après-midi !!!

16h30 : Ca y est la vidéo est terminée. Ca tremble, c’est un peu grossier mais il y a de l’énergie. Je ne peux pas stabiliser la vidéo, je me demande si je ne vais pas essayer de le faire directement dans Youtube après l’upload.
Ca y est, c’est en ligne et le compteur s’affole immédiatement : 1, 2, 5, 12… à chaque rafraichissement de la page le compteur tourne. Je tente une stabilisation mais l’opération rogne les titres… Tant pis, de toute façon, le compteur affiche presque la centaine de vues ; c’est parti.

16h45 : j’appelle Yoni et Laurence pour indiquer que la vidéo est en ligne… A partir de là, l’objectif est de la partager et de la faire connaître via les réseaux sociaux, Yoni assure le relais auprès de certains influenceurs : journaux, magazines, presse et pages spécialisées surf… pour qu’ils la reprennent et la diffusent.

Arrivée le soir : la vidéo est bloquée au 301 vues mais est déjà reprise sur Sud-Ouest, la République des Pyrénées mais surtout sur le blog du Monde Sport … Des résultats encourageants mais il reste à attendre le lendemain pour voir le résultat…

8h le lendemain : je me connecte directement à Youtube : résultats 24 000 vues… On la retrouve désormais sur le Huffington post, Rue89, le Nouvel Obs et on a même droit à un passage au journal de midi de Canal+ avec une mention « Terre & Côte Basques » dans le remix qu’ils ont effectué. Dommage qu’ils n’aient pas repris notre logo. Nos élus, les acteurs du tourisme local et nos connaissances sont « fiers » de lire la marque territoriale sur leurs petits écrans.

24h depuis la mise en ligne : on atteint et dépasse les 60 000 vues. La vidéo est en page d’accueil de YouTube, reprise par Koreus… Mardi soir, la vidéo affiche 200 000 vues. Je pars en congés satisfait.

14 janvier, soit 3 semaines après le lancement de la vidéo, le cap des 400 000 vues sur la vidéo Belharra est atteint.

En dehors de la belle opération marketing & du phénomène de buzz, quelle sont les retombées ?

En ne comptabilisant pas la vidéo Belharra, nous enregistrons sur les 10 derniers jours de l’année 2013, une augmentation de 38% de notre trafic sur la chaîne Youtube : +15 000 vues sur nos vidéos institutionnelles, conversion de nos axes de positionnement.

Le nombre d’entrées directes sur notre site www.terreetcotebasques.com depuis Youtube est très faible (99), malgré un lien visible depuis la partie « à propos ». Sur la même période, le Huffington post a, par exemple, apporté 2.5 fois plus de trafic que Youtube.

Sur les 30 derniers jours (au 21 janvier 2014), le nombre de visiteurs uniques sur le site internet a augmenté de 32%.

Sur le début de l’année, en isolant le score de Belharra, nous avons déjà réalisé  3000 vues sur nos vidéos. En comptant Belharra, plus de 45000 vues. C’est indéniablement un catalyseur de consommation de vidéos. Nous allons continuer à produire nos vidéos institutionnelles en espérant que la vague revienne nous voir l’hiver prochain ou que d’autres opportunités s’offrent à nous.

En conclusion, la vidéo Belharra est la démonstration d’une adaptation rapide à l’actualité d’acteurs touristiques locaux publics et privés, et, la réalisation d’un travail mutualisé des ANT et reporters de territoire sous la confiance et la réaction rapide d’une responsable & d’une Présidente impliquées.

Au fait : voici la vidéo aux 400 000 vues…

 

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Jean Luc Boulin est directeur de la Mission des Offices de Tourisme Nouvelle-Aquitaine (MONA). Cette structure, unique en France, regroupe les Pays Touristiques et les Offices de Tourisme de Nouvelle-Aquitaine. Elle est soutenue par le Conseil Régional. Deux missions principales lui sont confiées : la structuration touristique des territoires et la professionnalisation. Dans ce cadre là, la MONA assure une veille permanente sur le etourisme et accompagne des expériences dans son réseau. Directeur de l’office de tourisme de l’Entre-deux-Mers (Gironde) et du pays d’accueil touristique du même nom pendant plus de dix ans, Jean Luc Boulin dirige la MONA depuis sa création en 2003. Le manque de source d’information au même endroit sur le etourisme institutionnel et le besoin d‘échanger sur cette formidable mutation du métier des offices de tourisme vers l’Internet ont donné l’idée à Jean Luc Boulin de créer ce blog “etourisme.info”, qui se veut être le creuset de l’etourisme institutionnel sous toutes ses formes. Jean-Luc Boulin est également enseignant en Master Tourisme AGEST (aménagement et gestion des sites et territoires touristiques) à l'université de Bordeaux Montaigne. Le site Internet de la MONA. |Email : jlboulin at etourisme.info (cette adresse apparait en toute lettres pour éviter les robots). |Twitter : @JeanLucBoulin