montreal1Les Francophonies de l’etourisme 2016 (#FET5) se déroulent cette année à Sherbrooke sur le thème de la destination intelligente.

Lundi, en prélude à l’évènement, les valeureux Francophones ont répondu à l’invitation de Pierre Bellerose, vice-président de Tourisme Montréal pour participer à une réunion d’échanges autour de Stéphane Guidoin, Chef d’équipe données du Bureau de la Ville Intelligente et Numérique.
La ville de Montréal, très en pointe sur cette thématique, a créé dès 2014 cette structure de 9 salariés. Stéphane nous a présenté les différentes grandes actions réalisées ou envisagées, que vous pouvez retrouver dans le Plan d’action 2015-2017.

Ce plan d’action ambitieux s’articule autour de six chantiers, du déploiement du wifi public à la mobilité intelligente en passant par la démocratie participative. Comme vous pouvez le voir sur cette capture d’écran, chaque chantier a des impacts sur les éléments dits structurels : infrastructures, données ouverte, engagement de la communauté. Mais, construire une ville intelligente mobilise aussi les services publics, et il y a donc des impacts sur les domaines d’intervention : services aux citoyens, développement économique, cadre de vie, etc.Montreal ville intelligente

Construire une ville intelligente, ce n’est pas si simple!

Quelques points saillants ont fait l’objet de débats lors de cette réunion :

  • Le premier problème est celui de la donnée : on ne connaît pas toutes les données disponibles, ouvertes ou privées. Des partenaires, des entreprises se disent prêtes pour acheter des données mais ne savent pas qu’elles existent.
  • Même si une mise en réseau avec différentes villes a été tentée, cela n’a pas généré de projet collectif. 
  • La donnée est une représentation de la réalité. Elle est donc forcément imparfaite et son utilisation s’en trouve limitée. Pour Stéphane, l’important c’est d’afficher clairement le degré d’incertitude d’un jeu de données pour évaluer le potentiel de son exploitation.  
  • Il faut rester très prudent dans le déploiement de services parce que un échec serait forcément médiatisé et nuirait à toute la démarche d’ouverture des données.
  • Les données des réseaux sociaux ne sont pas dans les priorités hautes du plan « ville intelligente » de Montréal, mais intéressent le bureau de la Ville Intelligente et Numérique.
  • Le bureau privilégie les partenariats “gratuits” avec les start-ups pour gagner du temps : mise à disposition de données librement contre développement de solutions.

Cette discussion a permis aussi d’appréhender quelques freins importants dont l’intervention « officielle » du Bureau de la Ville Intelligente et Numérique, qui pose souvent problème au vu des lenteurs administratives lié au statut public. De ce fait le Bureau peine à nouer des partenariats ambitieux avec des acteurs privés notamment.

L’accès public au réseau via le wifi était jugé prioritaire et ce projet a été rondement mené. Alors que le célèbre réseau communautaire « île sans fil » existait, la Ville de Montréal déployer son propre réseau pour assurer une qualité de service irréprochable et contrôler l’infrastructure pour fournir le service voulu sans interférence. La connexion, gratuite et non sécurisée, fonctionne très bien. 

La démarche ville intelligente se veut citoyenne et ouverte. Les données sont largement partagées. Dès lors les aspects éthiques représentent un enjeu très fort pour garantir que, quelques soient les croisements de données, aucune information personnelle ne puisse être exploitée. Par exemple, des données ont été collectées pour étudier les déplacements à vélo dans la ville afin d’orienter les aménagements cyclables notamment. Pour libérer ces données, le Bureau a décidé par précaution de « raccourcir » les trajets enregistrés jusqu’à 2 intersections avant le point d’arrivée afin de garantir qu’on ne puisse pas repérer le trajet exact d’un citoyen. 
Avouons que, lors de cette présentation, notre étonnement fut grand, quand Stéphane Guidoin lui-même nous a tranquillement parler de sa déconnexion du GPS lors de ses déplacements dans Montréal pour éviter d’être ausculté !

La production de services innovant constitue évidemment un axe fort. L’expérience d’une application pour gérer le déneigement (un vrai problème en hiver ici) montre qu’il faut veiller à fournir un service vraiment performant pour éviter de décevoir et de décrédibiliser toute la démarche de ville intelligente. La gestion de l’expérimentation constitue une réelle difficulté en terme de communication.

Une belle démarche, souvent freinée par des problèmes administratifs et par une réflexion éthique très stricte…
En tout cas pour nous, cet échange sur une expérience pleine de promesses cadre parfaitement le thème des #FET2016.  

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Paul FABING est directeur du pôle qualité de l'accueil à l'Agence d'Attractivité de l'Alsace (AAA). Architecte de formation, ancien consultant tourisme, chef du service Tourisme de la Région Alsace et directeur de RésOT-Alsace (Réseau des offices de tourisme), il occupe cette fonction depuis 2015. Entre autres missions, l'AAA est propriétaire, gestionnaire et animateur du système d’information touristique alsacien qui consolide l’ensemble des informations recensées par les OTSI et de nombreuses structures partenaires. Plus de 220 sites touristiques institutionnels et publics alsaciens (la totalité en fait), beaucoup de sites nationaux publics et privés, la plupart des éditions papier, les actions de promotion et les outils mobiles s’appuient sur cette base de données pour offrir aux touristes des services fondés sur la même information. Ainsi les OTSI, coordonnés par l'AAA, se sont placés au cœur de la problématique touristique alsacienne et occupent une place prépondérante dans le développement de l’etourisme. Promis, il s’efforcera de ne pas rédiger en Alsacien, et apportera sans doute un petit vent d’est rafraîchissant dans ce blog (les Alsaciens ne sont pas aussi sérieux qu’il n’y paraît…). L’extranet du RésOT-Alsace Alsace. Email : pfabing at etourisme.info (cette adresse apparait en toute lettres pour éviter les robots).