La réforme territoriale a imposé aux Etablissements Publics de Coopérations Intercommunales une profonde réorganisation. La recomposition des territoires, l’implication prépondérante des élus auprès des offices de tourisme, et parfois une gestion des ressources humaines reléguée au second plan, il n’en fallait pas plus pour que le binôme office de tourisme-collectivité de tutelle, se retrouve dans l’impasse de l’incompréhension mutuelle.Dans le cadre des réflexions menées entre professionnels sur ce sujet, quelques directeurs d’offices de tourisme de la Nouvelle-Aquitaine et la MONA ont décidé de constituer un groupe de travail*. Leur objectif : créer une boîte à outils de communication à destination des élus, sur le rôle des offices de tourisme et qui prendrait la suite de “Metteur en Scène de Territoire”.  

Une profonde recomposition des territoires

Selon les dernières données statistiques publiées en mars 2018 par la Direction Générale des Collectivités Locales (DGCL), il y avait au 1er janvier 2018 : 1263 Établissements Publics de Coopération Intercommunale (EPCI)

  • 21 Métropoles
  • 11 Communautés Urbaines
  • 222 Communautés d’agglomération
  • 1009 Communautés de communes

En moins 6 ans, 51% des EPCI ont disparu passant de 2581 établissements recensés en 2012, à 1263 en 2018.

Dans le même temps les offices de tourisme, subissaient le même sort et voyaient le nombre de leurs structures diminuer de 40 % en 3 ans, passant ainsi de 2642 en 2015 à un peu moins de 1650 en 2018 – Recensement en cours d’actualisation par Offices de tourisme de France (OTF)

Alors où en sommes-nous aujourd’hui ? Qui sont les élus au tourisme des établissements publics de coopération intercommunale ?

Présenté en avant première, à l’occasion du séminaire des directeurs des offices de tourisme de Nouvelle-Aquitaine #NADOT18, voici le résultat de l’enquête réalisée du 26 avril au 11 mai 2018 auprès des offices de tourisme de France. 202 offices de tourisme ont répondu à l’enquête. Elle leur a été adressée via les relais territoriaux et le groupe privé des directeurs d’offices de tourisme sur les réseaux sociaux.

A quel titre l’élu-e est-il-elle en charge du tourisme ?

Pour 78% des répondants, l’élu en charge du tourisme est vice-président au tourisme ou adjoint au maire. Dans 18% des cas, il est le président de l’EPCI ou le maire. A peine 4% de socio-professionnels assurent la direction du tourisme. 

En plus du tourisme l’élu-e a t’il-elle d’autres délégations ? Si oui laquelle-lesquelles ?

Presque 50% des élus ont une seconde délégation en plus du tourisme. Même si dans 25% des cas il s’agit du développement économique et 10% la culture, on note quelques incohérences comme : eau (GEMAPI), santé, ressources humaines, finances, sport, numérique…

Quel est son sexe et son âge ?

Dans 73% des cas, il s’agit d’un homme qui a entre 50 et 80 ans (60% des maires ont 60 ans ou plus). En moyenne, les femmes ont 10 ans de moins que les hommes, mais elles ne représentent que 27% des élus au tourisme. Il est évident que la parité est loin d’être de rigueur. Notons que c’est dans la strate des EPCI de 70 à 100 000 habitants que la proportion de femmes élues au tourisme est la plus importante, même si elle n’est que de 40%.

Quelle est sa catégorie socioprofessionnelle et niveau de formation ?

Notre élu est cadre dans 32% des cas, mais il est aussi commerçant-artisan pour 13% des réponses. Il a toutefois une fonction bien pratique et souvent majoritaire chez les élus : il est retraité (22%). Son niveau de formation est supérieur à bac+2 pour 33% des réponses, sauf que 50% des répondants n’ont pas répondu à la question, donc difficile d’en faire une généralité. 

Voici notre élu au tourisme ! 

Nous l’appellerons, Monsieur Jolies-Moustaches. Il a 65 ans, c’est un retraité de la fonction publique territoriale où il était cadre. Maire d’une commune de moins de 2000 habitants. Il est aussi Vice-président de la communauté de communes, en charge du tourisme. Mais avant tout, il est le MAIRE de sa commune. Et surtout, il n’écoute que les conseils de son ou sa Directeur.rice Général.e des Services.

Mais qui est ce troisième personnage qui vient mettre son nez dans ce couple déjà si fragile ?  A suivre…

*: Isabelle Forget (Pyrénées Atlantiques) ; Pascal Houbron, Jean-Marc Audoin, Marie-Laure Rouger et Nathalie Durand-Deshayes (Charente-Maritime) ; Emmanuelle Villar-Lavernhe (Gironde) ; Véronique Boirel (Vienne) ; Clothilde Cassot (Haute-Vienne) ; Frédérique Oudot (Corrèze) ; Sylvain Couty (Charente) ; Sandy Causse (Landes) ; Charlotte Emery et Jean-Luc Boulin (MONA).

 

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Après 29 années à la direction d'un "petit" office de tourisme, elle a pu bénéficier d'un congés individuel de formation et intégrer la promo 29 du MASTER AGEST. Sa devise : transformer les obstacles en opportunités tout en restant fidèle à ses valeurs. Militante dans l'âme, elle est vice-présidente d'une association de protection des abeilles et adjointe au maire en charge de l'environnement et de la communication.