juil
2
2009

E-Marketing : 1% de 0, ça fait combien ?

Petit pavé dans la mare : on parle beaucoup, notamment ici, de web 2.0, de développement des réseaux sociaux, de visibilité, de e-marketing... L'objectif de fond, en matière de tourisme, est *économique*. Si les destinations créent du "buzz" sur facebook, ce n'est pas uniquement par fierté identitaire, c'est aussi, et surtout, pour conquérir quelques "prospects", éventuellement transformables en "clients". *Prospects, clients* : les deux grands oubliés du web 2.0 et du e-marketing. Je suis vache, donc je m'explique... Toute la problématique d'une opération de e-marketing tient au *volume de prospects à générer*. La raison en est que le taux de concrétisation, c'est-à-dire le rapport entre le nombre de clients (ceux qui achètent) et le nombre de prospects (ceux qui s'intéressent au produit mais qui ne l'ont pas encore acheté), *est de l'ordre de 1%*. Si on sait que, par ailleurs, le taux de clic, c'est-à-dire le rapport entre le nombre de personnes qui ont vu s'afficher la pub et le nombre de personnes qui ont cliqué dessus (ce sont eux les prospects), est de l'ordre, *lui aussi, de 1%*, on comprend que : *10 000 affichages de pub génèrent 100 prospects qui génèrent 1 client.* C'est une moyenne bien sûr, mais regardez les performances des campagnes AdWords par exemple et vous vérifierez aisément cette règle. C'est la même chose sur le web 2.0, quand on parle de commentaires : 1% des lecteurs va contribuer activement à un blog en postant des commentaires. C'est ce ratio qu'on observe régulièrement dans cette colonne. E-marketing, emarketing, E-tourisme, ROI _Illustration tirée d'une étude de "Sherpa Marketing (2009)":https://www.marketingsherpa.com/barrier.html?ident=31021 : où l'on voit que les budgets sont affectés en priorité aux achats de mots clés, qui ont le meilleur retour sur investissement, et aux bannières, finalement beaucoup moins efficaces._ Que faut-il en déduire ? * Si l'on veut parler de performance économique sur le web, il faut parler de *volume d'audience*, ou de volume de prospection ou de volume d'affichage. Une newsletter diffusée à 20 000 ex., avec un taux d'ouverture de 30% (6000 mails ouverts), 10 à 20% de taux de clic, génère 600 à 1200 prospects, donc 6 à 12 clients... * Une page facebook avec 500 inscrits, c'est un nombre très faible de prospects, donc un nombre encore plus faible de clients... Voir "ce site":http://www.conseilsmarketing.fr/e-marketing/7-regles-dor-pour-developper-son-business-grace-a-facebook, pour quelques conseils sur Facebook * Un site web qui fait 100 000 visiteurs uniques par an, avec un taux de rebond à 30%, c'est 70 000 prospects, donc 700 clients possibles... * J'ajouterais qu'aujourd'hui, selon moi, *l'achat de mots clés offre le meilleur R.O.I* (Return On Investment), puisque l'on paye au prospect et qu'une bonne annonce et une bonne optimisation du budget permettent de générer des volumes d'affichage massifs. En conclusion, premier point, vu sous l'angle économique, il y a une *corrélation évidente entre audience et retours sur investissements*. Deuxième point, il y a des effets de seuil. Par rapport à l'article de François, publié hier, les vidéos de communication de la Suisse ne rapportent rien : 650 visionnages, c'est 0 clients probables (les visionnages c'est de l'affichage, donc pas encore du prospect : pour qu'il y ait prospect il faut qu'il y ait clic). La logique de com a été privilégiée, mais il aurait fallu coupler les vidéos avec de l'achat de mots clés ou de l'e.mailing. Troisième point : la performance d'un site doit être appréciée à l'aune de l'audience de chacune de ses pages et du taux de clics... Tout ça vous paraît évident ? Ou vous vous posez des questions ?
Article précédent Des professeurs Nimbus ou Trifon sur vos sites Web Petite boite à outils Google Article suivant

A propos de l'auteur : Pierre Croizet

Pierre Croizet est né en 1970, à Issoire. Il vit et travaille à Bordeaux depuis 1998. Il est diplômé de l’Institut des Hautes Etudes de Droit Rural et d’Economie Agricole (IHEDREA – Paris) et du DESS Aménagement du Territoire et Economie du Développement Local (Bordeaux IV – IERSO). Il a créé, en 2004, avec Benjamin Bastien, une des premières maisons d’édition électroniques de France, spécialisée dans les guides touristiques et les solutions d’information mobiles.

Il intervient depuis 10 ans dans le domaine du développement local et touristique. D’abord consultant auprès du cabinet RCT et du Groupe Caisse des Dépôts et Consignations, il rejoint la Délégation Régionale au Tourisme d’Aquitaine en février 1998. Il intervient depuis janvier 2003 comme consultant senior auprès des cabinets RCT, CRITER et Un Air de Vacances, sur des missions de valorisation touristique des territoires.

Ses très nombreuses interventions, menées dans un cadre privé et public, lui donnent une vision du tourisme complète et originale :
TIC et tourisme : création du premier audioguide multimédia sur téléphone 3G, mise en place d’une des toutes premières plateformes opérationnelles d’édition numérique appliquée à l’information touristique… ;
Accompagnement des démarches de développement touristiques : 15 territoires mis en réseau entre 1998 et 2002 dans le cadre de la politique de pôles touristiques en Aquitaine, missions variées relatives à la définition de plans marketing, de projets de territoires, d’organisation des acteurs… dans toute la France… ;
Monde du vin : auteur du guide du tourisme viti-vinicole dans le Bordelais (GMT Editions – 2005, avec Emilie Castanier), accompagnement des viticulteurs d’Irouléguy et du Val de Garonne (avec François Perroy), repositionnement marketing de Planète Bordeaux (avec Un Air de Vacances, 2004), définition de la politique régionale de valorisation de l’oenotourisme (avec Un Air de Vacances – 2003/2004)… Il est, par ailleurs, chargé depuis plusieurs années du cours de « Tourisme et culture » au sein de l’Institut du Développement Local d’Agen.

Email : pcroizet at etourisme.info (cette adresse apparait en toute lettres pour éviter les robots)

Commentaires fermés pour cet article.


Recevez notre actualité

Recevez toute l'actualité !

Suivez nous sur Facebook

Suivez nous sur Twitter

Switch to our mobile site