L’impact du numérique

L’impact du numérique n’est pas négligeable et pourtant on y pense peu car il n’est pas visible. En effet, derrière votre écran et la lecture de cet article est masqué une quantité d’énergie, de ressources primaires et de pollution considérable. Le tout, pour fabriquer nos outils mais aussi pour faire fonctionner nos équipements et surtout faire tourner le réseau. Cet impact est tellement important, que dans un futur proche, internet pourrait devenir la première source mondiale de pollution, comme l’explique l’extrait suivant de l’infographie de QQF :

Qui dit numérique, dit équipements qui sont source de pollution dans tous les stades de leur vie. Rien que pour construire un ordinateur portable de 2 kilos, cela nécessite pas moins de 800 kilos de matières premières et 124 kilos de CO2 ! Un impact considérable auquel il faut ajouter l’utilisation de ses équipements et de leur fin de vie, qui termine bien souvent dans des décharges à ciels ouverts et parfois pas si loin que ça de chez nous tel que l’alertait déjà en 2013 le film Super Trash !

Il faut rajouter à ces données les data center qui font fonctionner internet et qui n’ont pas droit à un moment de répit puisqu’ils tournent 24h/24 et 7j/7 ! Ces usines remplies de serveurs tournent à plein régime et produisent ainsi une quantité considérable d’énergie et de chaleur, qu’il faut réduire grâce à la climatisation. Au total, un seul de ces équipements consommerait autant d’électricité qu’une ville de 30 000 habitants ! Et selon le site Data Center Map, ils seraient plus de 4600 répartis sur 126 pays … on vous laisse faire le calcul !

A ces data center, il faut rajouter, ce qui permet d’acheminer internet jusqu’à nos ordinateurs : les câbles sous-marin. En effet, contrairement aux idées reçues, nos échanges de données ne se font que très peu par satellites (qui représentent à peine 1% des échanges de données). Ils se réalisent à travers des câbles enfouis au fond des océans et mers. Au total, cela représente plus de 400 câbles et pas moins de 1,2 million de kilomètres de câbles que vous pouvez suivre sur la carte interactive ci-dessous créée par TeleGeography.

submarine cable map

Pas de doutes, le numérique a donc un impact considérable sur l’environnement. Si vous voulez aller plus loin, sur le sujet, je vous incite à suivre le MOOC Numérique Responsable créé par Institut du Numérique Responsable de La Rochelle en partenariat avec l’ADEME. Au programme un parcours de sensibilisation de 30 min et un parcours de plus de 4h30 de vidéos et texte interactifs.

 

Réduire son impact au quotidien

Ça y est on a pris une bonne couche de déprime … pourtant rassurez-vous des solutions sont possible pour limiter notre impact digital ! L’ADEME, les a regroupé dans son guide la face cachée du numérique et on vous en livre un extrait :

1. Viser la longévité et la sobriété pour votre matériel

Le premier point concerne le matériel et son achat qui doit être réfléchi et raisonné. Il faut veiller à adapter son achat à ses besoins, ne pas céder à un achat compulsif, ne pas se suréquiper ou encore privilégier les outils ayant un label de qualité durable. Le second point concerne l’entretien de ces équipements qui doit être réalisé le plus régulièrement possible pour pouvoir les conserver le plus longtemps possible. Enfin, si vraiment le matériel ne fonctionne plus, toujours privilégier la réparation au changement et lorsque vraiment, cela n’est pas possible, veiller à le recycler de façon adapté et auprès d’entreprises spécialisées.

2. Limiter les consommations d’énergie

La seconde action pour réduire son impact au quotidien nous concerne de façon beaucoup plus globale, il s’agit de limiter ses consommations. Pour cela on pense évidemment à tous les gestes nous permettant d’optimiser notre utilisation comme : désactiver les fonctions dont on ne se sert pas (gps, wifi, bluetooth ou encore la lecture automatique des vidéos sur nos réseaux sociaux), éteindre les équipements plutôt que de les mettre en veille (oui, oui même la box!), choisir un navigateur web économe, privilégier le wifi à la 4G (et désactiver celle-ci dés qu’on ne s’en sert pas pour éviter d’encombrer le réseau), éviter de regarder des vidéos en full qualité, …

3. Maîtriser le voyage et le stockage des données

Pour éviter de faire grossir les fameux data center, il faut veiller au stockage et aux voyages de vos données. Pour cela, éviter de stocker et ne conservez que les données utiles. Cela concerne autant les mails que les fichiers ! Réduisez vos destinataires en les ciblant, allégez vos pièces jointes, supprimez l’historique de vos envois de mails, optimisez vos signatures en les simplifiant…

Il en est de même pour vos recherches sur le web : taper directement l’adresse d’un site plutôt que d’utiliser la barre de recherche, utilisez les favoris, nettoyez régulièrement le cache de votre site web, ne multipliez pas les onglets … Bien sûr, commencez par être exemplaire en optant pour un site web éco-conçu : choisissez soigneusement l’hébergement, privilégiez l’open source, allégez les images, limitez les vidéos, favorisez l’accessibilité à tous et sur tous supports…

4. Reprenez le contrôle de vos données en utilisant les outils libres

Comment parler de sobriété numérique sans parler de propriété de la donnée et de l’utilisation des outils libres. En effet, les GAFAM, acronyme de Google, Appel, Facebook, Amazon, Microsoft sont des entreprises historiques qui ont développé les outils les plus utilisés du web de nos jours. De premier abord gratuites, elles se nourrissent en réalité de l’analyse de nos données, si bien qu’une fois complémentent nourries elles s’en servent pour la revendre, comme cela a été le cas avec Google Maps.

Mais plutôt que de continuer à enrichir ces données, il est possible et de notre devoir de reprendre la main en analysant les outils que nous utilisons et y appliquant des alternatives dont font parti les outils libres. Le sujet ayant déjà été traité plusieurs fois sur le blog, notamment à travers l’exemple de la cartographie du Seignanx, je vous invite à relire l’article pour davantage de détails ou d’aller fouiller du côté de Framasoft et de son répertoire de solutions et d’alternatives pour dégoogliser internet.

degooglisons internet

 

Ne pas oublier ces bonnes résolutions en télétravail

Si le télétravail (en particulier depuis la crise du COVID) offre de nouvelles opportunités : réduction des déplacements quotidiens, amélioration de l’équilibre personnel-professionnel, levier d’emploi, relocalisation d’activités à proximité des lieux d’habitation… Ce n’est pas pour autant une activité aussi durable que l’on pourrait le penser car elle peut créer un allongement des distances et des déplacements dû à son effet rebond et notamment puisqu’elle est intrinsèquement liée au numérique !

Entre le fulgurant développement de la visioconférence, le renouvellement du matériel informatique nécessaire à l’activité de ses nouvelles fonctions à distance, la multiplication des stockages de données en ligne pour travailler de façon collaborative, et la souplesse d’être chez soi et de ne pas forcément adopter les mêmes écogestes qu’au travail, etc.

L’impact de toutes ces activités est considérable et il faut donc veiller à leur utilisation mais aussi aux outils utilisés, qu’il soient physique ou digitaux. Pour cela rien de mieux que de se renseigner sur les différents logiciels. Par exemple, Greenspector, une entreprise nantaise a analysé en mars dernier l’impact environnemental de 14 applications de visioconférence. Certains résultats sont étonnant comme celui de l’impact carbone :

Moyenne-impact-carbone-min1

Loin de moi l’idée de vous conseiller un outil plus qu’un autre puisque le seul impact environnemental ne suffit pas. Il faudrait inclure d’autres critères tels que la sécurité des données, la localisation des serveurs, etc. L’idée est de vous pousser à réfléchir à vos outils et aux impacts qu’ils peuvent avoir et pourquoi pas d’aller plus loin en réalisant un bilan Carbone de votre structure et en compensant les actions.

D’ailleurs si vous avez déjà réalisé un bilan Carbone ou tout autres actions ayant pour objectif de devenir sobre numériquement, n’hésitez pas à nous laisser votre témoignage en commentaires !

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Après un master en aménagement et gestion des sites et territoire touristiques, Sophie a quitté son cher Sud Ouest, ses ferias et ses chocolatines pour arpenter l'awesome Nouvelle-Zélande pendant 1 an. Elle a profité de cette expérience pour raconter ses aventures sur keewitouch.com puis elle est revenue en France pour une nouvelle expérience à la découverte de la Destination Vendée Grand Littoral ou un nouveau défi l'attend en tant que chargée de stratégie digitale.