La monnaie dématérialisée, le paiement par mobile : on en parle depuis longtemps, mais on était pourtant bien à la traîne par rapport à nos voisins asiatiques ou américains.  Avant de laisser le marché à leurs concurrents, les français ont lancé leur propre monnaie dématérialisée !

Je vous présentais l’année dernière les deux géants chinois dans le domaine : WeChat et Alipay, et je vous annonçais même l’arrivée de l’application Alipay en Europe. Si cette dernière n’a finalement pas encore pénétré le marché européen, elle vient toutefois de renforcer sa présence aux Etats-Unis en annonçant un partenariat avec 4 millions de magasins. Elle devient donc la principale concurrente de l’Apple Pay, qui propose son service dans 4,5 millions de boutiques. Android et Samsung ont aussi leur propre application de monnaie dématérialisée.

Malgré les solutions déjà existantes, des acteurs économiques majeurs en France (BNP Paribas, Crédit Mutuel, Auchan, Carrefour et Total) se sont alliés pour lancer leur monnaie électronique : Lyf Pay (prononcée Laïfe Pay). L’application est disponible en ligne depuis le 18 mai 2017 et regroupe en fait le porte-monnaie électronique « Fivory » (lancé initialement par le Crédit Mutuel, rejoint par Total puis Auchan et MasterCard en juin dernier) et « Wa! » (créé par BNP et Carrefour).

Le groupe a voulu une solution universelle, ouverte à toutes les banques et cartes bancaires. Gratuite pour les utilisateurs, l’application sera payante pour les commerçants, avec un tarif variable en fonction de leur taille.

Comment fonctionne Lyf Pay ?

L’utilisateur doit créer son compte, choisir un code personnel, puis le relier son compte à sa carte bancaire. Il peut ensuite recharger son compte Lyf Pay par prélèvement sur son compte bancaire.

Pour réaliser un paiement, l’utilisateur demande à l’appli de générer un QR Code à usage unique, qui doit être scanné par un lecteur optique (la même douchette que pour les codes-barres). L’utilisateur doit ensuite confirmer la transaction avec son code personnel Lyf Pay ou par reconnaissance digitale, si son téléphone le permet. Le montant est ensuite prélevé directement sur son compte Lyf Pay.

En termes de service, Lyf Pay permet de payer, de virer de l’argent à des amis, ou de faire des dons à des associations. L’application propose aussi des cartes de fidélité embarquées ou des coupons de réduction dans les magasins partenaires. On est encore loin de l’éventail de services proposés par son concurrent chinois Alipay, mais en termes d’ergonomie, Lyf Pay se distingue avec une interface simple et intuitive, beaucoup moins « encombrée ».

Un pari risqué

Même si une étude du cabinet Forrester prévoit une multiplication par 3 des transactions sur mobiles en Europe de l’Ouest d’ici 5 ans, cette appli reste un pari risqué pour les investisseurs français, car plusieurs initiatives similaires ont déjà échoué. Orange, SFR et Bouygues, alliés à Atos, avaient lancé Buyster, qui fût un échec, de même pour le danois Paii ou l’application Weve, lancée au Royaume-Uni par les opérateurs EE, O2 et Vodafone. 

A son lancement, l’application compte un potentiel de 20 000 points de vente avec Auchan, Total et Carrefour réunis, et d’autres commerçants. Il faut au moins cela pour penser concurrencer WeChat et ses 600 millions d’utilisateurs actifs sur son système de paiement.

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Diplômée de l’ESTHUA de l'Université d'Angers en conduite de projets touristiques, Amélie Perrin a commencé par une première expérience dans la communication et le numérique au CDT du Doubs avant de travailler pendant deux ans comme chargée de promotion et Animatrice Numérique de Territoire pour l'Agence Touristique de la Touraine Côté Sud à Loches. Elle est ensuite partie en Inde, gérer une association humanitaire, et a vécu en Chine où elle était lectrice de français à la Faculté de Tourisme de l'Université de Ningbo. Elle est désormais directrice d'un office de tourisme dans le Tarn-et-Garonne.